Chalutiers modernes à rampe arrière de 1965
à 1972
Conçus différemment des
« chalutiers classiques »,
ils se caractérisent par un plan incliné à l’arrière, pour la mise à
l’eau et la remontée du chalut. Ils disposent sous le pont d’une
véritable usine qui travaille le poisson en filets et le surgèle en
plaques. L’un des premiers chalutiers français de ce type fut le
« Vikings III »,
armé en 1965 par les Pêcheries de Fécamp.

Coupe longitudinale du
« VIKINGS III »
Ces nouveaux chalutiers apportent aux
équipages un confort de vie et de travail. La productivité s’est
accrue avec la montée en puissance des moteurs et des treuils. Le
« chalutier pêche arrière » est un outil
très mécanique, plus lourd que le
« chalutier classique ». Malheureusement
cette puissance n’a pas permis de réduire les risques d’accidents
lors de certaines manœuvres. L’équipage comprend 50 à 60 hommes,
ceux-ci sont logés dans des cabines et non par postes comme sur les
« chalutiers
classiques » et disposent d’un cadre de
vie bien meilleur, douches, salle à manger et films vidéo..
Le travail du poisson ne se fait plus
sur le pont, mais sous le pont principal à l’abri l‘« usine ».
Des nouvelles spécialités apparaissent,
les « Baaderistes »
spécialistes
des machines à découper le poisson en
filets remplacent les
« trancheurs »,
les saleurs sont remplacés par les
« congélateurs ».
Le poisson arrive au pont usine dans des parcs ou il sera trié par
types et grosseurs. Sous la direction du chef d'usine, les hommes
d'usine découpent le poisson en filets de première qualité. Les
filets sont congelés moins de quatre heures après la remontée du
chalut sur le pont. L'usine travaille 24h/24h en roulement de 12
heures par bordée. Les filets sont congelés pour faire du poisson
dit
« carré » ou
« sans yeux ».
Après congélation, les plaques sont stockées dans la cale de
congélation qui est à une température de –28°C. Le travail de la
cale n’est pas facile, il faut être bien habillé et porter des
moufles, casquette et barbe pour se protéger du froid. Chaque plaque
pèse 40 Kg et ne doit pas avoir de choc pour la vente. C’est un
travail de patience que de remplir la cale en ajustant chaque plaque
de poisson dans les parcs constitués de planches assemblées sur des
glissières en acier
La crise de la pêche des années 1970 a
provoqué le déclin de ces navires. Le dernier grand chalutier de
Fécamp fut le « Dauphin »
qui, après une campagne sur les bancs de Saint-Pierre-et-Miquelon
entre janvier et avril 1987, quitta définitivement Fécamp le 9
novembre 1987.
Source « Le
Grand métier » Jean Recher Collection
Terre humaine
Site
« AABVC »
Site
« Association Fécamp Terre Neuve »
Coupe
longitudinale « Vikings III »
Les Cahiers de l’île de
Groix
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