COUPE ET
MONTAGE DU CHALUT
A..
LES DIFFERENTES PARTIES DU CHALUT
Il est
admis habituellement qu'un chalut classique à panneaux se
présente en pêche suivant la forme représentée en vue
perspective sur la figure 1. Cette forme semble être
actuellement la mieux adaptée pour la pêche des poissons sur le
fond ou à proximité; elle est le résultat de nombreuses
améliorations, parfois minimes, dans les proportions, la coupe
et le montage, apportées aux premiers « chaluts à panneaux »
ou «otter-trawls» qui furent utilisés pour la
première fois à la fin du XIXe siècle.
Ce
chalut-type est formé par l'assemblage de pièces de filet de
formes différentes. Son ouverture et ses coutures principales
sont renforcées par des filins d’acier, de manille ou mixtes,
appelés « ralingues ».

1° Pièces
constructives :
Dans un
chalut classique on distingue toujours une partie supérieure «
dessus» et une partie inférieure «dessous»
(fig. 2). La partie supérieure comporte deux « ailes
supérieures », un « grand dos », un «
petit dos », « un dessus d'amorce » et
un « dessus de poche ». Dans la partie inférieure,
on a : « deux ailes inférieures », un «
ventre », un « dessous d'amorce » et un
«
dessous de poche ». Ces pièces sont reliées les unes aux
autres par un laçage à la main en fil de couleur désigné sous le
nom d'«abouture» (le terme « abouture» désigne
toujours un laçage reliant deux coupes franches).
A
l'entrée de la poche ou « amorce », un dispositif
formé d'une ou plusieurs pièces de filet empêche le poisson
rentré dans la poche de s’échapper; c'est le «tambour»,
appelé aussi «voile». Dans certains cas, emploi de
rallonges très importantes, ce dispositif n'est pas utilisé.
2° Ralingues.
Les
pièces de filet gui vont constituer le chalut peuvent être
déformées considérablement par les efforts qu'elles vont subir
pendant la pêche. Pour éviter ces déformations et pour essayer
dans une certaine mesure de conserver aux mailles une forme
régulière, on renforce le filet par les « ralingues
d'ouverture » et les « ralingues
longitudinales ».


a)
Ralingues d'ouverture. L'ouverture du chalut est
renforcée par deux ralingues importante la «
corde de dos » et le « bourrelet
» (fig., 3)
La «corde
de dos » est formée par un filin mixte ou un filin
d'acier fourré fixé, directement en général par des «
empattures » (fig., 4) aux ailes supérieures et à une
partie du grand dos appelée «
carré de dos », Sur la corde de dos sont fixées des
boules en verre ou en métal et éventuellement un plateau
élévateur.

Le «bourrelet
» est un filin d'acier garni habituellement de vieux filets
entourés par un filin de qualité inférieure (« morfondu
») et lesté par des morceaux de chaînes. Le bourrelet est
souvent divisé en plusieurs sections, par exemple: deux pour les
« ailes inférieures » et une pour le « carré
de ventre ». L'ensemble est fixé de place
en place à la filière, filin plus léger qui borde en dessous les
ailes et le carré (fig., 5). La section du bourrelet placée
devant le carré de ventre est remplacée, pour le chalutage sur
fond dur, par un jeu de « diabolos » ou de «
sphères métalliques ».
Signalons
également, comme ralingues à l'ouverture, les « ralingues
de têtière ». Chaque «têtière», ou
extrémité libre d'aile supérieure ou inférieure, est fixée sur
une courte ralingue en cordage simple ou mixte qui limite la
hauteur d'ouverture ou «hauteur de meulette» des
extrémités des ailes du chalut.
b)
Ralingues longitudinales. Le dessus du chalut est relié
au dessous par une couture longitudinale, de chaque côté, depuis
la têtière jusqu'à l'extrémité postérieure de la poche. Cette
couture est réalisée en ligaturant ensemble, en général à l'aide
d'un fil de couleur, les deux bords libres sur une largeur de 4
à 5 mailles (l’utilisation de fils de couleur aux aboutures et
aux coutures est très utile dans le cas de réparations à
effectuer de nuit à la lumière artificielle).
Les «
ralingues de côté » sont les cordages de renfort en
manille ou nylon, parfois en mixte dans la partie antérieure du
chalut, reliés de place en place aux coutures latérales. On
désigne quelquefois par le terme « ailière» la
portion de ralingue de coté bordant les ailes et le grand dos.
Les « barrettes ». Les chaluts devant
travailler
dans des conditions très dures comportent
un renforcement longitudinal supplémentaire sous la forme de
barrettes, cordages fixés au dos et au ventre suivant une
direction parallèle à l'axe du
chalut ou aux côtés des mailles, de
la corde de dos et du bourrelet aux ralingues de côté.
Au cours du
montage ou «armement» des pièces de filet sur les
ralingues, on distingue dans le chalut les trois sections
principales suivantes (fig. 6).
La « grande
monture »
ou « monture
de haut » formée par les ailes supérieures, le grand dos
et les ailes inférieures.
La « petite
monture »
ou « monture de bas » formée par le
ventre et le petit dos. L'amorce formée en
général par le bas du ventre et le
bas du petit dos, est incluse dans la petite monture.

La « poche » est constituée par deux pièces
identiques. On distingue souvent deux parties dans la poche:
d'une part la partie terminale du chalut, poche proprement dite
ou « cul », renforcée par un laçage double ou un
redoublage des alèzes et d'autre part, entre l'amorce et le cul,
la « rallonge», sorte de boyau où s'accumule le
poisson quand il est très abondant. La rallonge est faite de
deux pièces semblables en alèze simple,
Ces trois sections se distinguent entre elles par un montage du
filet sur les ralingues effectué avec plus ou moins de mou. Ces
particularités du montage seront étudiées en détail plus loin.
B.. NOTIONS
SUR LE FILET, LA COUPE ET LE MONTAGE
1°Textiles
utilisés. Nappe.
Les principaux textiles utilisés dans la fabrication des
chaluts sont: le « chanvre », le « manille »,
le « sisal » et le « nylon ».
Nous
ne reviendrons pas sur les propriétés
de ces différents textiles,
ni sur les caractéristiques des fils rentrant dans la confection
des nappes de filet, car de nombreuses études antérieures ont
déjà traité ces questions,
parmi lesquelles celles de MM.
OIEUZEIDE
et
NOVELLA
(1953),
OELAERE
(1954) et
PERCIER
(1958). Rappelons toutefois que la résistance et la nature des
filets sont adaptées au type de chalut envisagé; c'est ainsi que
les chaluts de pêche industrielle sont en général en maniIle, en
sisal ou en nylon, et les chaluts de pêche artisanale en chanvre
ou en nylon. Signalons également que quelques chaluts comportent
des pièces en textiles différents, par exemple: nylon pour le
dessus, la rallonge et le cul, manille ou chanvre pour le
dessous, Comme nous le verrons, ces chaluts faits de deux
textiles posent, lors de leur montage, des problèmes
particuliers et délicats à résoudre par suite des comportements
différents de ces textiles à l'eau et à la traction, Quel que
soit le textile utilisé, le matériau de base employé dans la
confection des pièces du chalut est la « nappe du filet ».
La « nappe
de filet » ou « alèze » est fabriquée
mécaniquement en général. Elle est caractérisée par le « sens
du filet » qui est, rappelons-le « la
direction de la force, parallèle à la diagonale de la
maille, qui tend à resserrer les nœuds en leur assurant une
position correcte» (fig. 7). Dans un chalut le sens du filet
est toujours parallèle à l'axe longitudinal de l'engin. On
distingue en outre dans le filet le « sens du laçage »
qui est la direction parallèle aux rangs tels qu'on les
fait au laçage manuel; le sens du laçage est perpendiculaire au
sens du filet et donc à l'axe du chalut (fig. 7).
2°
Quelques définitions.
Pour une meilleure compréhension des principes de coupe, il nous
semble utile de préciser quelques notions de base.
La « maille »
(fig. 7) est la portion du filet limitée par quatre côtés. La
maille a normalement une forme en losange plus ou moins allongé
que l'on peut définir par sa grande diagonale et sa petite
diagonale. Les valeurs relatives de ces deux diagonales nous
serviront à évaluer la plus ou moins grande ouverture de la
maille, notion importante qui sera étudiée dans le chapitre C.
La dimension des mailles sera toujours exprimée par la longueur
du côté de la maille (mesure française).
Nous appellerons exclusivement « mailles franches »
les mailles situées le long des bords parallèles au sens du
laçage (fig. n. Le terme « maille de côté »
désignera seulement les mailles qui se trouvent sur les
bords parallèles au sens du filet: l'angle libre latéral de ces
mailles présente toujours un nœud qui, à l'inverse de ce qui se
passe pour les mailles franches, ne peut être défait sans
détruire la maille (Fig. 7). La maille située à l'angle
de la nappe est à la fois maille franche et maille de côté.
Une coupe
parallèle aux côtés des mailles détermine des « pattes »
à tous les nœuds reliant trois côtés de mailles (« nœuds
à trois pattes ») (Fig. 8). On appelle coupe «toutes
pattes» une coupe rectiligne et parallèle aux côtés des
mailles.
A part
les coupes dites « franches» qui sont faites
suivant des directions parallèles au sens du filet ou au sens du
laçage, toutes les coupes sont faites obliquement et font varier
la largeur initiale de la pièce. Si cette largeur augmente, la
coupe est dite « en remontant» ; si au contraire la largeur
diminue, on a affaire à une coupe « en descendant
».

3°
La coupe.
Toutes les pièces d'un chalut sont coupées en général en
forme de trapèze, sauf les pièces rectangulaires de la rallonge
et du cul. Les côtés transversaux ou largeurs de toutes les
pièces sont parallèles, et les côtés latéraux ou bordures sont
parallèles dans la poche et coupés obliquement dans les ailes et
le corps du chalut. Il est évident que de l'importance et de la
répartition de ces diverses coupes dépendra la forme du chalut
et donc ses qualités pêchantes.
Les coupes obliques forment avec l'axe du chalut un angle de
coupe qui peut être évalué par le rapport existant entre la
diminution de largeur D et la hauteur de la pièce H (fig. 9). Il
en résulte que le rapport D/H sera d'autant plus élevé que
l'angle de coupe sera plus marqué. L'angle de coupe est très
variable. Dans une pièce de Filet, mises à part les coupes dites
franches qui sont limitées uniquement par des mailles franches
ou des mailles de côté, les angles de coupe se ramènent à trois
types principaux (fig. 10), à savoir:
1) D -H (en nombre de mailles), dans ce cas particulier où la
diminution est égale à la hauteur, la coupe est parallèle aux
côtés des mailles; c'est une coupe toutes pattes (1) (fig. 11.
exemple a) :
2) D <H,
la diminution est inférieure à la hauteur pour les coupes
intermédiaires entre la coupe toutes pattes et la coupe franche,
toute en mailles de côté. Ces coupes sont réalisées par la
combinaison de pattes et de mailles de côté {fig. 11, exemple b)
;
3) D>H,
la diminution porte sur un nombre de mailles supérieur à la
hauteur de la pièce. Se classent dans ce type toutes les coupes
intermédiaires entre la coupe franche toute en mailles franches
et la coupe toutes pattes. Elles sont formées par la combinaison
de mailles de côté et de mailles franches (1) (fig.11, exemple
c).

Nous voyons donc que toutes les coupes peuvent être réalisées
par la combinaison de pattes, mailles de côté et mailles
franches (2). Quelles sont les valeurs de coupe respectives de
ces trois éléments? Chaque patte diminue la largeur d'une
demi-maille pour une demi-maille de hauteur. Sur la figure 10,
par exemple, la coupe toutes pattes donnerait une diminution de
8
mailles pour une hauteur de 8 mailles, ceci pour un total de 16
pattes coupées. La valeur de coupe d'une patte s'exprimera donc
par le rapport D/H = 0.5/0.5.
(1) Dans
certains chaluts les coupes du type D>H utilisent seulement les
pattes ct les mailles franches: elles sont alors plus simples à
effectuer.
(2) Dans
cette étude nous ne ferons pas intervenir la notion de rang peu
utilisée à Boulogne et qui entraînerait une complication
inutile.
La coupe
d'une maille de côté ne modifie pas la largeur. Elle correspond
à la hauteur d'une maille. Sa valeur en D/H sera 0/1.

Une
maille franche laisse la hauteur inchangée. Dans L1ne coupe elle
correspond à la largeur ou à la diminution d'une maille. Son
rapport D/H sera 1/0.
Etablissons maintenant le tableau récapitulatif des valeurs des
trois éléments de coupe exprimées en D/H.
Elément de coupe Diminutions
Hauteur Valeur en D/H
en mailles
(D) en mailles (H)
Pattes…………………………0,5
0,5 0,5 / 0,5
Maille de coté…………………0
1 0 /
1
Maille franche…………………1
0 1 / 0
Les
coupes obliques étant, en général, formées de deux éléments de
coupe, il suffira, pour obtenir le rapport D/H, d'ajouter d'une
part les diminutions et, d'autre part, les hauteurs de chaque
élément de la coupe. C'est ce que nous verrons plus loin dans
les exemples d'application.

4°Application des valeurs des éléments rie coupe a la résolution
des problèmes de coupe.
Deux cas
peuvent se présenter lors de la réalisation d'une coupe.
1° cas:
le type de coulpe étant connu,
on doit rechercher la diminution totale de largeur d'une
pièce de filet de hauteur donnée.
Exemple
1.
Coupe deux pattes-une maille de côté (ou coupe « 2 pattes et
maille») sur un petit dos de 110 mailles de hauteur et 170
mailles de plus grande largeur (fig. 12).
Nous
avons d’une part deux pattes (0,5
X 2)
= 1
et
d’autre part une maille de coté
0
(0,5 X 2)
1
1
la valeur de
la coupe sera donc (1
+ 0 )
= 1
soit une diminution égale à la moitié de la hauteur
(1 + 1 ) = 2
Dans le cas présent, pour une hauteur de 110 mailles, nous
aurons sur le côté de la pièce une diminution de 55 mailles.
2° cas:
la diminution totale et la hauteur sont connues, il faut
retrouver le type de coupe utilisé.
Exemple
2.
Trouver la coupe du côté intérieur ou bordure de corde de dos
d'une aile supérieure dont les caractéristiques sont les
suivantes (fig. 13)
Hauteur = 80 mailles Abouture = 125 mailles
Têtière = 33 mailles Coupe à
1'ailière = 3 pattes-1 maille de côté.
La coupe 3
pattes-1 maille de côté, s'exprime en D/H par le rapport
1.5/2.5, soit en nombre entier 3/5.
Pour trouver la valeur de la diminution 0 sur le côté intérieur
de l'aile, on inscrit l'aile dans un rectangle, 0 est égal à la
largeur totale de 173 mailles (173 = 125 + 48; 48 étant les 3/5
de 80) diminuée de la largeur de la têtière (33 mailles), soit
140 mailles.
La valeur de
l'angle de coupe est alors de 140/80, soit en simplifiant 7/4,
ou si l'on Se reporte au tableau récapitulatif donné plus haut,
7 mailles franches pour 4 mailles de côté (puisque nous sommes
dans le cas 0> H), coupe réalisée dans la pratique par 3 coupes
à 2 mailles franches-I maille de côté 2/1 et une coupe à une
maille franche-l maille de côté 1/1 (1), en effet nous avons
ainsi:
(2 X 3) + 1
= 7
(2)
(1 X 3) + 1
= 4
Exemple
3.
Trouver le type de coupe à utiliser pour un grand dos dont les
caractéristiques exprimées en mailles sont (fig. 14) : largeur
en haut = 320, largeur en bas = 200, hauteur = 80.
On voit que
la coupe latérale a une valeur de 60/80, soit D/H = 3/4, 0 étant
inférieur à H la coupe sera exprimée en pattes et mailles de
côté, soit ici 6 pattes-1 maille de côté (3) car (0,5
X 6) + 0 = 3
(0,5
X 6) +1 = 4
(1) La coupe
2 mailles franches-I maille de côté s'appelle aussi «2 mailles
par maille» ou «pattes à deux ». Dans les coupes des bordures
intérieures d'aile, certains fabricants groupent les coupes 2/1
près de la maille-mère: sous réserve d'un montage «maille
ouverte », on obtient ainsi un certain arrondi de la corde de
dos qui améliore la répartition des efforts.
(2) On peut
employer également les deux formules : D -H = d et H -d = s, où
on a D = diminution. H = hauteur, d = nombre total de coupes à
2/1 et s = nombre total de coupes à 1/1 sur la bordure.
(3) Il existe
aussi une formule simple donnant Je nombre de pattes entrant
dans la coupe 2D/(H-D) qui nous donne 120/20 = 6. La coupe est
du type 6 pattes et maille
.
Exemple
4.
Déterminer la coupe d'une aile inférieure dont les données sont
les suivantes (fig. 15)
Hauteur 120 mailles Abouture = 40 mailles
Têtière 25 mailles Coupe côté bourrelet
= une maille par maille (1/1)
Le résultat de la coupe à l'ailière est une diminution de 105
mailles pour une hauteur de 120 mailles.
La valeur de
la coupe est égale à 105/120 ou, après simplification. 7/8.
C'est encore un cas (0,5 X 14) + a7 D < H et la coupe sera à 14
pattes-1 maille de côté, car
(0.5 X 14)
+ 0 =
7.
(0.5
X 14) + 1 = 8
5°
Autres détails de coupe et de montage.
a)
Finition des pièces sur les côtés. Pour assurer
une meilleure tenue aux mailles situées le long des bordures,
les mailles sont parfois redoublées par un fil de même textile,
mais en général plus fin que celui qui a servi à lacer l'alèze.
Sur les pièces lacées à la main on réalise souvent les coupes en
pattes et maille avec des « boutinettes »,
sortes de mailles auxiliaires renforçant la bordure.
b)
Aboutures de pièces de maillages différents. Recrues.
Les dimensions des mailles diminuent de la grande monture
vers la poche. On est donc amené à joindre des pièces de filet
qui, pour une même largeur, comportent des nombres de mailles
différents.
Par exemple, dans l'abouture d'un grand dos de 200 mailles de 50
mm et d'un petit dos de 250 mailles de 40 mm (les deux pièces
ayant une même largeur de 20 m, mailles étirées) il Y a 50
mailles en trop sur le petit dos. Ce nombre de mailles en excès
sera réparti le long de l'abouture par le procédé des « recrues ».
Pouvant être réalisées de diverses façons (PER\.IER. 1958),
les recrues aboutissent toujours au même résultat d'abouter deux
mailles du plus petit maillage ensemble à une seule maille du
plus grand. Dans l'exemple proposé, les recrues seront faites en
aboutant ensemble 2 mailles de 40 toutes les 4 mailles de 50 («
4e et 5e ensemble»).
Le rapport de répartition des recrues dans le cas que nous
venons de voir (4 mailles de 50 mm /5 mailles de 40 mm) est
inverse et sous-multiple exact de celui des maillages. Il
en sera de même dans tous les cas où les largeurs étirées des
pièces seront égales et les maillages dans un rapport simple.
Dans la pratique on se trouve souvent en face de cas moins
simples; on obtient alors une répartition satisfaisante des
recrues en procédant comme suit.
Diviser
chacun des nombres de mailles à abouter par leur différence et
adopter les quotients pour établir le rapport de répartition. Si
la division donne un reste, ce reste correspond à un nombre de
mailles à abouter sans recrues.
Exemple.
Soit à abouter 214 mailles de 35 mm à 276 mailles de 28 mm
la différence est de: 276 -214 = 62 ;
on a: 214/62 = 3, reste 28, et 276/62 =
4, reste 28
le rapport de l'abouture est donc de 3
mailles de 35 mm/4 mailles de 28 mm.
Réalisation pratique de l'abouture : au début et à la fin, 14
mailles sans recrues; pour le reste, une recrue toutes les 3
mailles de 35 mm (ou 3e et 4" mailles de 28 mm
ensemble).
c)
Maille-mère. On appelle «maille-mère» la première
grande maille située immédiatement après l'abouture de l'aile
avec le grand dos ou le ventre (fig. 4 et 5). Pour les rendre
plus visibles, elles sont parfois recouvertes d'une surliure
faite au moyen du fil de couleur utilisé pour l'abouture.
d)
Renforts en mailles doubles. Sur le plan de la
figure 16 nous avons représenté les principaux renforts d'un
chalut de pêche industrielle. Ces renforts consistent en un
laçage double des mailles dans les parties du chalut que l'on
sait être soumise à des efforts plus importants. Nous trouvons
ainsi des mailles lacées doubles, sur une hauteur de 2 mailles
pour le nylon ou de 3 à 5 mailles pour le sisal ou le manille,
aux têtières des ailes, le long du carré de dos et d'une partie
des aboutures grand dos/ailes supérieures, ainsi que le long du
carré de ventre et des aboutures ventre/ailes inférieures. De
plus, des renforts de laçage double en forme de triangles de 15
mailles environ de base, sont prévus aux angles intérieurs des
ailes. Dans les renforts nous pouvons citer également le laçage
double ou le redoublage -deux alèzes l'une sur l'autre -des culs
de chalut.
e)
Barrettes.
Suivant leur mode de montage on peut distinguer trois types de
barrettes de renfort (fig. 16) : « barrettes
longitudinales », de la corde de dos ou du bourrelet aux
ralingues de côté en suivant le sens du filet; « barrettes
obliques », des extrémités du carré de ventre aux
ralingues de côté parallèlement aux côtés des mailles (toutes
pattes) ; « barrette transversale », montée vers
le tiers antérieur du ventre, en général à l'abouture de deux
maillages différents; son rôle est d'éviter la prolongation
excessive vers l'arrière d'une déchirure éventuelle du ventre
partant du bourrelet.
La longueur des barrettes, comme celle des ralingues, doit être
calculée en fonction de l'ouverture recherchée pour les mailles.
f )
Voile ou tambour. Quand un dispositif de retenue
du poisson dans la poche est utilisé, des solutions variées
peuvent être adoptées, A titre d'exemple nous donnons deux
dispositions différentes de voile ou tambour (fig., 17). Le type
a consiste simplement en une pièce d'alèze en forme de trapèze
dont le bord antérieur est abouté au dessus d'amorce, le bord
postérieur est libre et les côtés sont cousus toutes pattes au
dessous d'amorce. Le type b est formé par deux pièces
semblables cousues ensemble sur les côtés et aboutées dessus et
dessous à la partie antérieure de l'amorce, Cette sorte
d'entonnoir est maintenue dans le bon sens par deux bouts de
filin amarrés en arrière sur les ralingues de côté. Lorsque ces
deux bouts de retenue sont coupés, le tambour peut s'inverser et
rendre possible le retour du poisson dans le corps du chalut
quand on fait les palanquées.

C..
ETUDE DES PRINCIPAUX FACTEURS INFLUENÇANT LA FORME DU CHALUT
La forme d'un chalut en pêche est le résultat de l'influence de
facteurs nombreux et variés. Parmi ces facteurs les plus
importants sont, selon nous, ceux qui tiennent directement au
mode de fabrication du chalut, c’est-à-dire à sa coupe et à son
montage
(1).
Les autres facteurs en rapport avec le gréement et la méthode de
pêche, comme la façon de lester ou de bouler, l'emploi d'un ou
plusieurs plateaux élévateurs, la longueur des entremises ou des
bras, le poids et la surface des panneaux ainsi que leur angle
de traction, la longueur des funes, la vitesse de pêche, etc.,
sont aussi très importants. Toutefois, considérant que ces
derniers facteurs sortent du cadre de ce chapitre, nous les
étudierons dans la deuxième partie traitant de l'adaptation du
chalut aux différentes pêches. Seule, l'influence de la coupe
et du montage sur la forme du chalut sera examinée ici. Comme
nous l'avons déjà souligné au début, cette étude sera faite
uniquement sur le chalut de fond; mais il est évident que les
principes adoptés et les résultats obtenus resteront valables
dans la plupart des cas pour les autres types de chalut.
(1)
La nature du textile utilisé dans la fabrication du filet
doit avoir également une influence assez marquée sur la forme du
chalut. Par suite des conditions différentes d'écoulement des
filets d'eau à travers un filet en textile synthétique (nylon ou
autre) plus léger et plus fin, les chaluts constitués avec ce
Alet doivent avoir une forme sensiblement différente de celle
des chaluts en textiles plus lourds ou plus grossiers.
1°
Coupe des
pièces constitutives.
De la forme des pièces de filet constituant le dessus et le
dessous dépendent l'ouverture horizontale et verticale du
chalut. C est ainsi que pour obtenir la plus grande ouverture
verticale possible on est amené à élargir le grand dos et les
ailes supérieures (fig. 18); cette modification est
particulièrement utile dans les chaluts employés pour la pêche
des espèces à comportement pélagique telles que le hareng et le
maquereau, comme nous le verrons dans le chapitre réservé à
l'adaptation du chalut à la pêche des différentes espèces.
Par
ailleurs, le rétrécissement vers l'arrière ou la forme de chalut
en entonnoir plus ou moins ouvert, sera variable selon le type
de pêche. Le rétrécissement vers l'arrière sera plus marqué dans
les chaluts utilisés pour la pêche des poissons plats, poissons
qui se défendent mal devant l'entrée du chalut. Au contraire,
les chaluts au hareng ou au maquereau seront relativement plus
longs, pour
permettre une meilleure entrée d'eau à l'ouverture et éviter
ainsi un refoulement d'eau excessif qui pourrait effrayer ces
poissons bons nageurs,
Toujours en vue de leur adaptation à des pêches spéciales, les
divers types de chalut peuvent encore différer sur d'autres
points comme la longueur des ailes, le rapport des longueurs de
la corde de dos et du bourrelet, l'importance relative de la
rallonge, sans oublier les natures et grosseurs des fils des
alèzes, ainsi que les différents maillages utilisés et leur
diminution plus ou moins progressive vers la poche. Tous ces
points entraîneront des modifications dans les proportions
relatives et la coupe des pièces constitutives. Ils seront
décrits plus en détail dans l'étude de l'adaptation du chalut
aux différentes pêches.
2° Le montage du chalut et le
calcul des longueurs des ralingues.
Des observations sous-marines relativement récentes
(MARGETTS. 1950)
ont prouvé que les mailles des chaluts en pêche étaient
largement ouvertes en losange par le passage des filets d'eau. A
partir de cette donnée importante nous avons été conduits à
adopter le principe suivant qui a servi de base dans notre étude
de la détermination des longueurs de ralingues.
Pour obtenir une meilleure répartition des efforts dus il la
résistance de l’eau, la longueur des ralingues d'un chalut doit
être calculée en fonction d'une ouverture donnée des mailles.
Il en résulte que la longueur des ralingues longitudinales
d'un chalut sera surtout fonction de la dimension de la grande
diagonale des losanges formés par les mailles, et que celle des
ralingues d'ouverture ou transversales sera principalement en
rapport avec la petite diagonale des mailles.
Dans la pratique de nombreux fabricants opèrent de la manière
suivante: la longueur des ralingues de côté est calculée en
diminuant la longueur, mailles étirées, des pièces de filet d'un
certain pourcentage, d'ailleurs variable selon la partie du
chalut considérée et le type de chalut en cause(l). Par exemple
on monte couramment les ralingues de côté d'un chalut au
'hareng à 10 ou 15 % (c'est-à-dire d'une longueur égale à
90 ou 85 % de la longueur des alèzes mailles étirées)
dans la grande monture, 5 ou 10 % dans la petite monture et 0 à
5 % dans la poche.
Soulignons tout de suite l'imprécision de cette méthode. En
effet, la longueur de la ralingue de côté étant calculée sans
tenir compte outre mesure des angles de coupe des bordures. il
peut en résulter des variations sensibles d'ouverture d'un
chalut à l'autre.
Pour les ralingues d'ouverture, corde de dos et bourrelet, les
solutions adoptées sont encore moins nettes, Les longueurs de la
corde de dos ou du bourrelet sur les bordures des ailes sont
données égales aux hauteurs des ailes mailles étirées, ou bien
e]]es sont évaluées d'après la longueur de l'ailière affectée
d'un certain pourcentage, Dans les carrés, la corde de dos et le
bourrelet sont en général égaux au produit du nombre de mailles
par la dimension du côté des mailles.
Devant l'imprécision des méthodes utilisées jusqu'à présent
par les fabricants, nous avons pensé qu'il serait utile de
définir une méthode rationnelle de calcul du ralingage en tenant
compte de la plus ou moins grande ouverture des mai]]es. Nous
aurions alors la possibilité de définir une « longueur de
base de la ralingue » d'où nous pourrions déduire une
valeur précise et sûre de la longueur de la ralingue étudiée,
après l'application de corrections relatives aux différentes
rétractions des textiles à l'eau et aux allongements des
ralingues ou des alèzes par les efforts de traction ou de
remplissage.
a) Détermination de la longueur de base des ralingues.
Les éléments qui peuvent influer sur la longueur d'une ralingue
sont: les dimensions de la pièce de filet à monter, l'ouverture
plus ou moins grande des mailles et l'angle de coupe de la
bordure que va renforcer la ralingue.
Si la prise en considération des dimensions de la pièce à
monter s'impose à première vue, il n'en est pas de même des deux
autres éléments: ouverture des mailles et valeur de l'angle de
coupe.
L'influence d'une augmentation d'ouverture du losange de la
maille apparaît clairement sur la figure 19 où, sur une coupe
deux mailles par maille (2/1) du type employé à la bordure
intérieure des ailes supérieures, la longueur de la ralingue -en
l'occurrence la corde de dos -varie de 114 mm avec une maille
ouverte à 5 % à 136 mm avec une maille ouverte à 15 %;
soit une différence de 19 %; en plus pour une même hauteur d'une
maille de 50 mm dans les deux cas. Pour une ralingue de côté, la
variation de longueur, consécutive à une augmentation
d'ouverture des mailles, est en sens inverse. Ainsi, pour une
même hauteur d'une maille et demie, la longueur de la bordure
d'une pièce coupée à une patte et maille sera de 144 mm pour une
maille ouverte à 5 % et de 130 mm pour une ouverture à 15 %
(en maillage de 50 mm), soit une différence de 11 % en moins
(fig. 20). Notons enfin que la longueur du bourrelet sera très
souvent indépendante de l'ouverture des mailles, car il borde en
général une coupe voisine du type « toutes pattes» dont la
longueur de bordure est approximativement constante.
1) Quelques
chaluts de pêcheurs artisans sont encore montes « raide à raide»
sur les ralingues de côté, soit avec une longueur de ralingue
égale à celle de J'alèze maillés étirées.

La valeur de l'angle de coupe n'est pas négligeable non plus.
Par exemple. la longueur de bordure d'une pièce d'une hauteur de
5 mailles de 50 mm est de 436 mm pour une coupe à 2 pattes et
maille (1/2) et de 454 mm pour une coupe à 4 pattes et maille
(2/3), les mailles étant considérées ouvertes à 15 % dans les
deux cas (fig. 21).
Pratiquement, la détermination des longueurs de base des
ralingues se fera à l'aide d'un graphique sur papier millimétré
(fig. 22) représentant les pièces à une échelle convenable
(1/100 en général). De cette manière on tiendra compte à la fois
de la hauteur de la pièce, de l'angle de coupe et du degré
d'ouverture des mailles. Les mailles seront supposées ouvertes à
un pourcentage donné suivant la pièce considérée et le type de
chalut étudié (l). Pour faciliter l'exécution des graphiques,
nous avons réalisé un tableau donnant les valeurs des grandes et
petites diagonales à des pourcentages d'ouverture de 0, 2, 5.
10, 15 et 29 % (29 % correspond à une maille ouverte au carré)
pour toutes les dimensions de mailles comprises entre 20 et 85
mm (tableau A).
(1) Les chaluts de pêche industrielle, a grande ouverture
verticale, seront avantageusement montés avec des mailles
ouvertes à 15(% Les chaluts artisanaux pourront s'accommoder
d'une ouverture à 10 %' Pour la poche il faudra prévoir une
ouverture moindre (0 à 5 0·) car le filet de cette partie du
chalut. soumis ; 1 des efforts importants, s'allonge notablement
par serrage des nœuds.
Signalons par ailleurs que le montage à 0 'le ou raide à raide
du cul de chalut s'impose principalement pour la raison
suivante: lorsqu'on vire une palanquée, le cul ne peut prendre
une forme en poire ou en sphère régulière que si les ralingues
ont été montres avec beaucoup de mou, laissant ainsi les mailles
s'étirer normalement à l'étrangloir' et au raban.

b) Corrections à apporter aux longueurs de base des ralingues.
Les longueurs de base fournies par la méthode graphique exposée
ci-dessus ne peuvent pas être adoptées directement en vue du
montage. Elles doivent être corrigées en faisant intervenir deux
facteurs très importants : d'une part la rétraction des textiles
à l'eau et d'autre part, l'allongement des ralingues ou du filet
par les efforts de traction ou de remplissage.
Correction
de rétraction à l'eau.
D'après les observations antérieures
(ANCELLlN, 1956)
on peut estimer que les dimensions d'un filet en chanvre ou en
manille, lorsqu'il est mouillé, diminuent de 5 à 15 % en moyenne
par rapport à ses dimensions à sec.
Dans ses
premières fabrications, le nylon câblé s'allongeait de 3 à 5 %
après quelque temps d'utilisation dans l'eau. On notait au
contraire, sur des fils de nylon tressé, un retrait à l'eau de
1à 2 % dans le cas d'un tressage serré. Grâce à un traitement
spécial, ces modifications de longueur sont maintenant beaucoup
moins importantes.
Les
ralingues en textiles naturels ou synthétiques présentent
également, après mouillage, un retrait ou un allongement du même
ordre que ceux des filets (l). Enfin, on peut considérer que les
longueurs des câbles en cordage mixte ou en fil d'acier ne
varient pratiquement pas après immersion.

(1) Le
retrait à l'eau des filets ou des cordages en textiles naturels
est un problème complexe où interviennent des éléments très
divers comme la qualité du textile, le diamètre du filou du
cordage et son mode de câblage, la dimension des mailles, le
serrage plus ou moins marqué des nœuds, etc. Seuls, des essais
de mouillage préliminaires sur échantillons permettraient de
prévoir le comportement à l’eau des filets et ralingues à
utiliser.
D'après ces données il y aura lieu, dans certains cas, de
corriger les longueurs théoriques des ralingues, en fonction des
natures respectives de l'alèze et de la ralingue. C'est ainsi
que la longueur de base d'une ralingue en acier ou en mixte
devra être diminuée de 5 à 15 % environ lorsqu'elle renforcera
de l'alèze en chanvre ou en manille; elle ne sera pas modifiée
pour une utilisation avec du filet en nylon traité. Au contraire
la longueur de base d'une ralingue en manille devra être
augmentée de10 à 20 % dans le cas d'un montage sur de
l'alèze en nylon. Par ailleurs, dans tous les cas où le montage
aura lieu sur filet et ralingue de même textile (exemple:
ralingue nylon sur filet nylon) la longueur de base pourra être
adoptée sans correction.
Correction de traction.
Elle s'applique surtout aux ralingues qui absorbent la traction
aux têtières des ailes: corde de dos, ralingue de côté et
bourrelet. Ces ralingues, même quand elles sont en câble d'acier
ou en cordage mixte, s'allongent par élasticité sous la traction
importante du chalutier évaluée à plusieurs tonnes dans les
chaluts de pêche industrielle (voir en particulier
SCHARFE, 1955
et
PERCIER, 1956).
Cet allongement élastique, souvent négligé, pourra être
avantageusement compensé par une faible réduction portant
uniquement sur les longueurs des ralingues de côté et du
bourrelet qui absorberont alors la majeure partie de l'effort de
traction. Il en résultera que la corde de dos, étant moins
bridée par la traction, aura la possibilité d'atteindre son
ampleur maximum (1).
L'influence des longueurs relatives des trois ralingues de
têtière apparaît nettement sur la figure 23, où sont
représentées deux vues de profil du même chalut: sur le schéma
inférieur le bourrelet et l'ailière ont été réduits seulement de
2 % en longueur, la corde de dos et la hauteur du grand dos
demeurant inchangées; il en résulte une très nette augmentation
d'élévation de la corde de dos. Signalons que ce résultat a été
confirmé par des observations effectuées par des techniciens
japonais (HAMURO
et
ISHll. 1956)
dans les conditions normales de pêche.
Cette
notion de longueurs relatives de l'ailière, du bourrelet et de
la corde de dos, dont l'importance vient d'être mise en évidence
vient à l'appui des données fournies par l'évaluation des
longueurs de base des ralingues en fonction de l'ouverture des
mailles. En effet, nous avons pu vérifier, par la méthode
graphique. que des mailles en losange très ouvert, allant de
pair avec une grande ouverture verticale du chalut, entraînent
un allongement de la corde de dos, un raccourcissement de la
ralingue de côté et pas de modification notable du bourrelet
(1)
Il en
résulte que des essais progressifs pourraient être tentés avec
profit sur les chaluts, dans les conditions normales
d'exploitation, suivant les principes exposés ci-dessus.
(1)
La ralingue de côté n'est pas absolument indispensable
pour l'ouverture du chalut en effet, certains types de chalut
sont montés sans ralingues de côté. Dans ces cas, la traction
doit être reportée principalement sur le bourrelet.

Signalons enfin l'existence des allongements résiduels que l'on
peut observer sur les ralingues ou sur les alèzes après quelques
semaines d'utilisation. Extrêmement variables, ils sont dus à
l'élasticité imparfaite des textiles et même des fils d'acier.
Toutefois, ils seront aisément évalués sur les chaluts en usage,
d'après les différences entre les longueurs d'origine et les
longueurs après utilisation.
Correction de remplissage.
Elle concerne essentiellement la poche du chalut où l'on observe
un allongement résiduel particulier du filet. En effet, dans les
alèzes de la rallonge et surtout du cul de chalut, formées par
des petits maillages de gros fil aux nœuds souvent assez lâches,
la rétraction à l'eau du textile est compensée au bout d'un
certain temps, particulièrement après des coups de chalut très
importants (plusieurs palanquées au même trait), par un
allongement relatif qui semble provoqué en grande partie par le
serrage à bloc des nœuds du filet, conséquence du remplissage
excessif de la poche. Il en résulte que les ralingues de cette
portion du chalut seront calculées, ainsi que nous l'avons déjà
signalé, en supposant les mailles plus fermées qu’elles ne le
deviendront en réalité (0 à 5 0/0). Ce montage aura de
plus l'avantage de laisser du mou dans les ralingues du cul de
chalut; lorsque ce dernier sera viré au treuil avec son plein
chargement de poisson, on évitera de cette façon une tension
excessive des ralingues qui pourrait entraîner une déchirure de
l'alèze le long des coutures.
(1)
Rappelons que ces modifications proviennent des types de
coupe différents des bordures des ailes et du grand dos: en 0> H
le long de la corde de dos, 0 < H à l'ailière et 0 = H au
bourrelet. Quand le losange de la maille s'ouvre, la valeur
métrique de la diminution de largeur augmente.et celle de la
hauteur diminue (fig. 19 et 20).
Source :
Claude Nedelec et Louis Libert
Archimer
(Archives Ifremer)
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